À propos
Trois recueils européens de poésie chinoise, publiés entre 1867 et 1922.
Les trois livres
Judith Gautier, Le Livre de Jade (1867). Judith Gautier ne lisait pas le chinois. Elle travaillait d'après les traductions orales de Tin-Tun-Ling, un lettré chinois installé à Paris. Le résultat n'est pas fidèle au mot près : c'est de la prose poétique française, souvent plus proche du poème en prose que de la traduction. Le recueil eut un succès considérable et servit de source à toute une génération de lecteurs européens.
Herbert A. Giles, Chinese Poetry in English Verse (1898). Giles était professeur de chinois à Cambridge. C'est le seul des trois à avoir lu les originaux. Ses versions sont rimées et régulières, dans la manière victorienne — quatre vers, rimes croisées, un peu de convention. On y perd parfois la concision chinoise, mais on y gagne une lisibilité que les traductions savantes de la même époque n'avaient pas.
Hans Bethge, Pfirsichblüten aus China (1922). Bethge ne lisait pas le chinois non plus. Il indique lui-même ses sources : les versions françaises de Gautier et du marquis d'Hervey-Saint-Denys. Ses poèmes sont donc des Nachdichtungen au sens strict — des recreations à partir d'une traduction intermédiaire. Bethge est aussi l'auteur des textes allemands du Lied von der Erde de Mahler.
Pourquoi trois langues
Parce que ce ne sont pas trois versions du même livre. Ce sont trois passages successifs d'un même corpus à travers l'Europe : le français d'abord, puis l'anglais et l'allemand, l'un traduisant directement, l'autre traduisant le français. Comparer les trois, c'est lire l'histoire d'une réception, pas seulement trois poèmes.
Les textes reproduits ici sont dans le domaine public. Chaque page indique l'édition et, quand elle est connue, la page. Les poèmes pour lesquels aucun original chinois n'a pu être identifié portent une note explicite.
Ce que ce site n'est pas
Ce n'est pas une anthologie de la poésie chinoise. C'est la reproduction de trois livres anciens, avec leurs choix, leurs manques et leurs erreurs. Les poètes représentés sont ceux que Gautier, Giles et Bethge ont retenus — pas nécessairement les plus importants.